CMA Media a finalisé le 2 octobre le rachat de RMC Sport auprès d’Altice, pour un montant non communiqué.
RMC Sport rentre au bercail
Dans la grande famille des médias estampillés RMC, il y avait jusqu’ici une petite bizarrerie. RMC la radio, RMC Story et RMC Découverte appartenaient à CMA Media.
RMC Sport, elle, était restée chez Altice-SFR lors de la vente du groupe BFM-RMC en 2024.
La raison était simple : Altice considérait encore la chaîne sportive comme un outil commercial pour SFR, capable d’aider à vendre des abonnements grâce aux droits sportifs.
Deux ans plus tard, la logique a changé. CMA Media récupère RMC Sport et remet ainsi sous le même toit la radio et la chaîne qui portent le même nom.
Sur le papier, cela paraît presque évident.
RMC reste l’une des radios françaises les plus identifiées au sport, avec plusieurs heures d’émissions chaque jour, des consultants connus, des retransmissions et une rédaction spécialisée.
Mais l’histoire de RMC Sport n’a jamais été tout à fait linéaire. Dès 2011, Alain Weill voulait lancer RMC Sport HD sur la TNT gratuite, dans le prolongement direct de la radio.
Le CSA lui préféra finalement L’Équipe HD.
Quelques années plus tard, Alain Weill transforma lui-même le projet en un bouquet sportif payant, d’abord SFR Sport, destiné à concurrencer Canal+ et beIN Sports.
La chaîne gratuite imaginée au départ était devenue une offre premium, nourrie aux grands droits et aux gros chèques. Avec la Premier League puis la Ligue des champions, RMC Sport voulut jouer dans la cour des grands.
Le problème, c’est que cette stratégie coûte très cher. Les droits ont fini par partir ailleurs, plusieurs chaînes ont fermé et RMC Sport s’est progressivement recentrée, notamment sur les sports de combat.
C’est donc une RMC Sport beaucoup plus légère que récupère aujourd’hui CMA Media.
Et c’est là que commence la vraie question. Que veut en faire Rodolphe Saadé et ses équipes ?
Revenir à l’idée de départ et construire une chaîne sportive généraliste, davantage concurrente de L’Équipe, en utilisant cette fois pleinement la force de RMC Radio ?
On pourrait alors imaginer une antenne largement alimentée par les émissions sportives de la radio, ses journalistes et ses consultants.
Ou bien CMA Media veut-il conserver une logique de chaîne premium, reposant sur l’achat de compétitions et de grands droits ?
La création de CMA Sport montre clairement que cette deuxième piste reste ouverte. Le groupe veut développer les droits, la production et l’événementiel sportif.
Le scénario le plus logique pourrait finalement être de mélanger les deux.
Une chaîne alimentée au quotidien par l’univers éditorial de RMC, complétée par quelques droits suffisamment forts pour créer des rendez-vous premium.
Ce serait moins risqué qu’une nouvelle course aux centaines de millions d’euros, et plus cohérent avec la marque RMC qu’une simple chaîne de compétitions.
Après quinze ans de détours, de TNT refusée, de bouquet premium et de séparation capitalistique, RMC Sport revient donc au bercail.
Reste à savoir si CMA Media va enfin faire ce que le nom promet depuis le début : une vraie télévision sportive RMC.
