Lancée avec cinq mois de retard, RMC+ veut transformer l’ancien service de replay en plateforme gratuite, spécialisée et mieux armée pour collecter des données publicitaires.
CMA Media lance officiellement RMC+ ce mardi 1er septembre. Initialement prévue pour avril, la plateforme doit permettre au groupe de changer d’échelle dans le streaming gratuit, sans chercher à devenir une nouvelle plateforme généraliste.
RMC+ arrive finalement avec cinq mois de retard. Dans ses conditions générales de vente publicitaires pour 2026, RMC BFM Ads annonçait encore que RMC BFM Play deviendrait RMC+ en avril. Le lancement officiel intervient ce mardi 1er septembre.
Ce décalage explique peut-être l’étrange état de transition constaté à la veille du lancement. Le nouveau logo apparaît déjà sur le site, les contenus de Brut ont été intégrés et les nouveaux flux fonctionnent. Mais l’adresse reste rmcbfmplay.com, tandis que l’ancienne appellation RMC BFM Play subsiste dans le titre des pages, la fenêtre de consentement, les liens vers les applications et le pied de page.
Il ne s’agit pourtant pas d’un simple changement de nom. CMA Media annonce près de 10 000 heures de programmes. Ce volume représenterait bien le double du catalogue précédent, selon les documents publiés par la régie dès septembre 2025. RMC BFM Ads promettait alors une nouvelle architecture technique, une distribution renforcée et trois formats publicitaires baptisés Screen+, Pause+ et Impact+. [RMC BFM Ads]
« Ce sera une véritable plateforme de streaming », assure Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.
RMC+ regroupera notamment BFMTV, RMC Story, RMC Découverte et RMC Life. Le site affiche également des espaces consacrés à RMC, BFM Business et Tech & Co. Il s’agit ici d’un constat effectué sur la plateforme elle-même, cette composition détaillée n’apparaissant pas entièrement dans les premières annonces.
L’offre comprend également dix chaînes thématiques gratuites financées par la publicité : Brut, After Foot TV, RMC J’irai dormir chez vous, BFM Grands Reportages, RMC Mecanic, RMC Mystère, RMC Wow, RMC Alerte Secours, RMC Talk Info et BFM2.
Toutes ne sont pas nouvelles. Dès avril 2024, RMC BFM Play avait lancé un premier bouquet de huit chaînes FAST : BFM Grands Reportages, RMC Alerte Secours, RMC Wow, RMC Mystère, RMC Mecanic, RMC Talk Info, RMC Talk Sport et RMC J’irai dormir chez vous. Ces flux représentaient alors plus de 3 000 heures de programmes diffusés chaque année. [RMC BFM Ads]
Une confusion a toutefois accompagné la présentation de RMC+. En juin, CB News annonçait une chaîne baptisée « RMC à la maison ». Quelques jours plus tard, Télésatellite citait au contraire RMC J’irai dormir chez vous. C’est finalement cette dernière, déjà existante depuis 2024, qui figure sur la plateforme. « RMC à la maison » n’était donc pas au rendez-vous du lancement. [CB News, Télésatellite]
RMC+ veut aussi adapter les programmes aux nouveaux usages avec des vidéos verticales, des stories et des micro-dramas conçus pour les smartphones. Brut, racheté par CMA Media, dispose de sa propre sélection, tout comme le média social Liik.
Les collaborations avec Nota Bene, Loury Lag et Joyca ne sont cependant pas des créations propres à RMC+. Elles proviennent d’abord de la grille 2026-2027 de RMC Découverte : une soirée consacrée au Titanic avec Nota Bene, un documentaire sur la Légion étrangère avec Loury Lag et une déclinaison du format de Joyca consacré aux lieux les plus mal notés. La plateforme sert donc surtout à prolonger et à rentabiliser ces programmes au-delà de leur diffusion télévisée. [CB News]
La distribution illustre cette stratégie d’hyperdistribution. RMC+ doit être disponible sur l’App Store, Google Play, les box de SFR, Orange, Bouygues Telecom et Free, mais aussi sur Molotov, Canal+, les téléviseurs Samsung et par l’intermédiaire de Digital Virgo. Amazon Fire TV ne figure pas dans la liste communiquée au lancement.
Derrière le catalogue, l’enjeu principal reste publicitaire. Selon CMA Media, 93 % des recettes publicitaires de BFMTV et des chaînes RMC proviennent encore de la télévision linéaire, contre 6 % pour RMC BFM Play et 1 % pour les réseaux sociaux.
La création de comptes doit également enrichir les données propriétaires du groupe. RMC BFM Ads explique que les environnements dans lesquels les utilisateurs sont identifiés permettent de suivre plus précisément leurs préférences, leurs appareils et les contenus consommés. Ces informations alimentent ensuite les outils de ciblage publicitaire. La plateforme reste gratuite, mais l’utilisateur connecté acquiert une valeur particulière pour la régie. [RMC BFM Ads]
RMC+ ne prétend pas devenir un nouveau Netflix. CMA Media assume un positionnement spécialisé autour de la mécanique, de l’aventure, de l’histoire, du voyage, du sport, des faits divers et du divertissement populaire. Le groupe complète cette offensive par un partenariat avec YouTube, la création de CMA Studio et le lancement annoncé de CMA Creator avant la fin de l’année.
Cette accélération numérique s’accompagne pourtant d’économies dans les activités traditionnelles, avec la mise en vente des neuf chaînes locales de BFM. RMC+ résume ainsi la stratégie actuelle de CMA Media : investir dans les plateformes et les données, tout en réduisant les activités télévisées dont le modèle économique paraît condamné.
