Promise à la fermeture par CMA Média le 30 septembre, BFM Normandie pourrait finalement échapper à une disparition totale. Selon plusieurs sources distinctes, la direction du groupe étudierait désormais un maintien de la chaîne, mais sous une forme considérablement réduite, exclusivement numérique et consacrée à l’information économique régionale. Une éventuelle bonne nouvelle pour les salariés, à relativiser sérieusement.
Le 30 septembre, CMA Média, filiale médias de l’armateur CMA CGM de Rodolphe Saadé, renonçait à vendre son réseau de neuf chaînes locales BFM, mis en vente fin juin, faute d’offre de reprise jugée suffisamment solide.
Le groupe choisissait de conserver sept antennes, recentrées sur l’économie, les entreprises et les territoires, en lien avec BFM Business et La Tribune. Deux chaînes étaient en revanche appelées à disparaître, BFM DICI, dans les Alpes du Sud et la Haute-Provence, et BFM Normandie, héritière de La Chaîne normande, à l’antenne sous les couleurs de BFM depuis septembre 2022.
Depuis, le dossier normand semble avoir évolué. Selon nos informations, les équipes de BFM Normandie ont été prévenues de la venue de responsables de la direction parisienne dans leurs locaux mercredi 21 octobre. Cette visite pourrait être l’occasion d’annoncer une remise en cause du projet de fermeture. Rien n’est cependant définitivement arbitré.
Le scénario étudié serait celui d’une BFM Normandie maintenue, mais privée de sa fréquence sur la télévision numérique terrestre. La chaîne deviendrait exclusivement numérique, avec une équipe réduite, selon nos sources, à trois à cinq personnes.
Plus de direct, mais des programmes enregistrés, principalement consacrés à l’économie et à la vie des entreprises normandes. En clair, BFM Normandie pourrait garder son nom et perdre l’essentiel de ce qui faisait d’elle une véritable télévision locale d’information.
Ce changement de perspective intervient alors que la direction de CMA Média vient d’être renouvelée. Claire Léost, à la tête du groupe lorsque la réorganisation du réseau a été décidée, a annoncé son départ le 1er octobre. Camille Andrieu, jusque-là directrice générale adjointe, lui a succédé le 5 octobre. Selon nos sources, la nouvelle direction souhaiterait réévaluer plusieurs aspects du projet initial.
Une autre information circule en interne, Hervé Morin, président de la Région Normandie, serait personnellement intervenu dans le dossier. Cette intervention n’est pas confirmée officiellement et son poids dans les arbitrages reste inconnu.
Pour l’heure, l’abandon de la TNT ne concernerait que BFM Normandie. Mais le choix interroge, pour un réseau qui s’était précisément construit autour de télévisions de proximité, accessibles gratuitement sur la TNT. Et il ressemble fort à une économie de bout de chandelle, tant le coût d’une diffusion hertzienne locale reste modeste au regard de ce qu’elle apporte, une présence sur tous les téléviseurs du territoire, sans abonnement ni box. La vraie économie se fera ailleurs, sur les effectifs.
La direction temporise donc, et aucune décision définitive concernant BFM Normandie n’a, à ce stade, été portée à notre connaissance. Pour les salariés, l’espoir d’éviter une fermeture pure et simple renaît. Mais entre la disparition de la chaîne et son maintien avec une poignée de collaborateurs, sans direct et sans TNT, la différence risque d’être moins grande qu’il n’y paraît.
BFM Normandie pourrait survivre. Reste à savoir ce qu’il restera de la télévision normande.
