De la vente de paraboles aux chroniques sur l’intelligence artificielle, SatMag a traversé plusieurs révolutions technologiques. Tout a commencé avec des magasins de réception satellite, des éditoriaux publiés dans des publicités, puis un service Minitel facturé 1,25 franc la minute.
Retour sur une aventure qui a notamment donné naissance à Satellifax et qui se poursuit aujourd’hui avec SatMag, l’actu des écrans.
Vous écoutez cette chronique SatMag et je vous en remercie. Certains m’ont demandé pourquoi ce nom, SatMag.
Et justement, un lecteur vient de m’écrire qu’il se souvenait des publicités pour mes magasins dans le magazine Télé Satellite. Des magasins qui le faisaient rêver, mais qui étaient trop éloignés de chez lui.
Cela tombe bien, car SatMag avait une double signification : Satellite Magazine, mais aussi Satellite Magasin.
Pour comprendre, remontons quelques décennies en arrière, à une époque où Internet n’existait pas, la TNT non plus et où, pour recevoir des dizaines de chaînes, il fallait installer une parabole sur son toit.
À l’époque, j’avais des magasins spécialisés dans la réception satellite. Et je faisais régulièrement de la publicité dans Télé Satellite.
Mais j’avais une particularité : chaque mois, dans ma publicité, je proposais aussi un éditorial.
Oui, un éditorial dans une publicité ! Au lieu de me contenter de vanter mes produits et mes prix, j’avais envie de donner mon avis, de commenter l’actualité du satellite et des médias.
Le virus de l’information était déjà là.
D’ailleurs, mes clients ne voulaient pas seulement acheter du matériel. Ils voulaient savoir quelles chaînes ils pouvaient recevoir, quels programmes étaient disponibles et pourquoi l’image disparaissait le soir du match. Bref, ils voulaient de l’information.
Et justement, nous avions l’ancêtre d’Internet : le Minitel. Une technologie limitée, mais avec un avantage considérable pour ceux qui fournissaient des informations : elle était payante.
Sur le 3615, la minute coûtait 1 franc 25. Et le compteur tournait même pendant le chargement des pages.
J’informais donc mes clients et, en plus, je gagnais de l’argent.
Le beurre et l’argent du beurre.
Pour trouver des informations, je consultais notamment le Minitel du journal Satellite TV, qui proposait aussi des forums de discussion parfois très animés.
Mais contrairement aux réseaux sociaux actuels, il fallait payer pour participer.
À 1 franc 25 la minute, les trolls réfléchissaient à deux fois avant de polémiquer pendant des heures.
La facture téléphonique était probablement la meilleure modération jamais inventée.
Quelques divergences avec le responsable de ce service m’ont conduit à créer mon propre Minitel, avec un ancien de Satellite TV. C’est ainsi qu’est né le 3615 SURPIN.
Au départ, je voulais surtout vendre du matériel satellite mais les ventes étaient décevantes, alors que les informations attiraient beaucoup de monde. Et généraient pas mal de profits.
Nous avons donc séparé l’information du commerce. C’est ainsi qu’est né Satellifax, d’abord sur Minitel, puis sous la forme d’une publication envoyée par fax. A noter que l’on avait aussi créé une version audiotel, les informations par téléphone. ça n’a jamais fonctionné sauf quand un service pornographique c’est trompé et a mis notre numéro dans sa pub. Le jackpost pendant une semaine
Satellifax est rapidement devenu une référence pour les professionnels de l’audiovisuel, une sorte d’AFP spécialisée dans les médias. Plus tard, j’ai vendu mes parts pour me consacrer davantage à mes magasins.
Mais le virus de l’information était toujours là. J’ai donc créé SatMag, destiné à un public plus large. Satellite Magazine ou Satellite Magasin, les deux correspondaient à mes activités.
Puis SatMag est passé sur Internet. Et c’est là que j’ai probablement commis une erreur. J’ai arrêté le site Internet SatMag. Avec Facebook et Twitter, j’ai pensé pouvoir toucher davantage de monde.
C’était vrai, mais avec un piège. Sur son propre site, on est chez soi. Sur les réseaux sociaux, on est locataire, dépendant d’algorithmes qui changent d’avis très rapidement.
J’ai donc décidé de relancer SatMag sur Internet. Malheureusement, le nom de domaine avait été récupéré par des personnes qui cherchent aujourd’hui à me le revendre. Avec un sens des affaires qui me rappelle un peu le Minitel. D’où le fait que mon site s’appelle désormais Surpin.fr. Du nom d’un site commercial je suis passé à un site d’informations. Désolé !
Quant à cette chronique radio, je l’ai lancée il y a une dizaine d’années. Mais son sujet a considérablement évolué.
Du satellite, je suis passé à la télévision, à la radio, à la presse, puis à tous les médias et aujourd’hui, à tout ce qui passe par nos écrans. Sans oublier l’intelligence artificielle, qui bouleverse notre manière de produire et de consommer l’information.
Voilà pourquoi SatMag est devenu l’actu des écrans.
J’ai commencé par expliquer comment orienter une parabole. Aujourd’hui, j’essaie de comprendre comment les technologies orientent notre regard sur le monde.
Le nom est resté le même, mais son contenu a bien changé.
Et promis, contrairement au Minitel, cette explication ne vous a rien coûté à la minute.
