Septembre a ramené les auditeurs, et les communiqués triomphants avec eux. Mais les tableaux complets de l’ACPM racontent une autre histoire, celle d’un RTL qui s’envole, d’un RMC qui décroche et de musicales dopées par l’ajout de nouveaux flux.
La rentrée radiophonique réserve quelques surprises, à en croire les résultats de septembre 2026 publiés par l’ACPM.
Derrière la progression générale des écoutes numériques, les performances des grandes stations sont loin d’être uniformes.
France Inter conserve sa première place avec près de 34 millions d’écoutes actives, soit une légère hausse de 0,6 % sur un an.
Mais c’est surtout derrière la radio publique que le classement a été bouleversé.
RTL, avec 27,5 millions d’écoutes, progresse de 62,5 % en un an.
À l’inverse, RMC enregistre une baisse de 23,4 %, à 18,8 millions.
Résultat, alors que RMC dominait nettement RTL sur les supports numériques il y a un an, la station de Neuilly dispose désormais d’une avance de près de 9 millions d’écoutes.
Un renversement qui ne date pas de la rentrée, puisque RTL devance RMC depuis le printemps et il ne tient pas seulement à l’ajout de webradios dans les résultats.
Sur les seules antennes principales, la progression atteint 58,5 % pour RTL, contre un recul de 23,4 % pour RMC.
Comment expliquer un tel écart ?
Évolution des usages, efficacité de la distribution numérique, changements de programmation ou éléments techniques liés à la mesure, les données publiées ne permettent pas de trancher entre ces hypothèses.
Le reste du classement présente également des situations contrastées.
franceinfo occupe la troisième position avec 19,6 millions d’écoutes, en retrait de 5,7 % sur un an.
Europe 1, qui frôle les 10 millions, affiche une baisse plus limitée de 3,2 %.
Du côté des musicales, NRJ abandonne 5,2 %, alors que Nostalgie et FIP gagnent chacune 12,7 %.
Chérie FM fait encore mieux avec une progression de 16 %.
Les hausses de RTL2, 87 %, et de Fun Radio, 50 %, sont plus impressionnantes encore mais elles doivent être relativisées, car l’augmentation du nombre de flux intégrés à leurs résultats complique les comparaisons d’une année sur l’autre.
Si l’on regarde maintenant l’évolution entre août et septembre 2026, le constat est différent.
Les grandes radios généralistes bénéficient toutes d’un net rebond, porté par le retour des auditeurs, des matinales et des programmes habituels après la pause estivale.
Europe 1 enregistre une hausse de près de 42 %, devant RMC à 39 %, RTL à 34,5 % et France Inter à 30,7 %.
Des progressions importantes, mais largement liées au calendrier. Pour mesurer les tendances, la comparaison annuelle reste plus pertinente.
Il existe aussi une autre manière de lire ce classement, en s’intéressant non plus seulement au nombre de connexions, mais au temps que les auditeurs passent à écouter.
Et là, surprise.
Une session dure en moyenne plus de 45 minutes sur RTL, contre moins de 33 minutes sur France Inter.
Ainsi, malgré un nombre de connexions inférieur, RTL accumule davantage d’heures d’écoute numérique que la première radio du classement, environ 20,7 millions d’heures contre 18,5 millions selon nos calculs.
Gardons cependant à l’esprit ce que mesure exactement l’ACPM.
Une écoute active correspond à une session d’au moins 30 secondes, et non à un auditeur unique.
Ces résultats ne renseignent pas davantage sur l’audience totale des stations, qui comprend aussi la réception traditionnelle en FM et en DAB+.
Globalement, les écoutes numériques des radios contrôlées par l’ACPM augmentent de 4 % en un an.
Le secteur poursuit donc sa croissance, mais cette hausse moyenne dissimule de fortes disparités entre les marques.
Comme souvent avec les audiences, les communiqués de rentrée racontent volontiers les bonnes nouvelles.
Les tableaux complets, eux, permettent aussi de découvrir les moins bonnes.
Reste ensuite à expliquer ces évolutions, ce que les chiffres seuls ne permettent pas toujours de faire.
