Les radios s’inquiètent de la mise en œuvre de l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles
Encore un marché publicitaire qui risque de se réduire pour les radios.
L’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles n’est pourtant pas nouvelle : elle est inscrite dans le code de l’environnement depuis le 25 août 2022.
Mais faute de décret d’application, elle était jusqu’ici restée largement théorique.
Le gouvernement veut désormais la rendre effective, avec une entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2027.
La consultation publique organisée du 31 juillet au 31 août a recueilli 209 contributions, dont celle de l’Alliance de la Radio.
Pour les radios privées, le sujet est sensible.
Les distributeurs de carburants, stations-service, fournisseurs de combustibles ou entreprises énergétiques font partie des annonceurs, notamment au niveau local.
Et l’énergie reste un secteur publicitaire significatif : selon l’Inspection générale des finances, l’ensemble du secteur de l’énergie, fossile comme renouvelable, représentait environ 4 % des dépenses publicitaires en France en 2023.
Cette nouvelle restriction arrive surtout au mauvais moment pour la radio.
Au premier semestre 2026, ses recettes publicitaires nettes ont reculé de 3,5 %, à 293 millions d’euros, alors que l’ensemble du marché publicitaire progressait de 5,6 %, essentiellement grâce au numérique.
L’Alliance de la Radio s’était notamment inquiétée d’une définition trop large de l’interdiction, susceptible d’englober la promotion indirecte ou certaines campagnes institutionnelles.
Sur ce point, elle semble avoir été partiellement entendue.
Selon DeSmog, la nouvelle version présentée au Conseil supérieur de l’énergie le 10 septembre a supprimé la référence à la promotion « indirecte » et prévoit que la simple promotion de l’image, de la visibilité ou de la réputation d’une entreprise ne soit pas assimilée à une publicité pour les énergies fossiles.
Le texte n’est cependant pas définitif.
Le gouvernement doit encore le retravailler, le notifier à la Commission européenne puis recueillir l’avis du Conseil d’État.
Pour les radios, l’enjeu reste le même : après plusieurs secteurs déjà interdits ou fortement encadrés, une nouvelle partie du marché publicitaire est appelée à se fermer au moment même où leurs recettes traditionnelles sont en recul.
La modification du 10 septembre est documentée par DeSmog à partir de la présentation faite au Conseil supérieur de l’énergie ; ce n’est donc pas encore la rédaction définitive du décret. (DeSmog) Le recul de 3,5 % à 293 millions d’euros au premier semestre est confirmé par le BUMP. (kantarmedia.fr)
