Entre CNews, Laurent Nuñez et maintenant une possible hausse de la TVA de Canal+, les sujets de friction s’accumulent entre le gouvernement et le groupe Bolloré.
Simple coïncidence fiscale ou début d’une guerre beaucoup plus frontale ?
Officiellement, il n’y a évidemment aucune guerre entre le gouvernement et le groupe Bolloré.
Il y a seulement, disons, une remarquable accumulation de gestes amicaux.
Laurent Nuñez menace CNews de poursuites pénales si la chaîne fait de nouveau intervenir Xenia Fedorova, expulsée de France. Quelques jours plus tard, le ministre de l’Intérieur, pourtant annoncé comme invité de CNews et Europe 1, disparaît mystérieusement de la grille. Le Monde rapporte qu’une source attribue ce veto à Vincent Bolloré, sans pouvoir établir qui l’a effectivement décidé.
Et voilà maintenant Bercy.
Selon certaines sources, le gouvernement réfléchit à faire passer de 10 % à 20 % la TVA appliquée aux abonnements Canal+. La facture potentielle serait d’environ 200 millions d’euros par an. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, en aurait directement informé Maxime Saada.
Deux cents millions.
Une manière assez élégante de poursuivre la conversation.
Évidemment, il serait trop simple d’y voir une riposte politique. Le contentieux entre Canal+ et Bercy sur la TVA ne date pas d’hier. Dès 2022, l’administration estimait déjà que certaines offres de Canal+ devaient être taxées à 20 %, et le dossier a depuis donné lieu à plusieurs années de procédures.
Mais le calendrier est presque trop parfait.
Au moment où les relations entre le pouvoir et les médias Bolloré deviennent particulièrement fraîches, l’État ressort donc un dossier susceptible de coûter 200 millions d’euros par an à Canal+.
Bien entendu, tout cela n’a peut-être absolument aucun rapport.
En politique comme en fiscalité, les coïncidences ont parfois un sens aigu de la mise en scène.
Alors, le gouvernement veut-il une guerre avec Bolloré ?
Impossible de l’affirmer.
Mais s’il voulait simplement lui envoyer une carte de vœux, il a choisi un drôle de timbre.
