Cyril Hanouna devait bousculer W9 et reprendre sa place de patron de l’access. Mardi, Yann Barthès lui a repris plus de 400 000 téléspectateurs. Rien de définitif, mais au moment où M6 réfléchit déjà à lui ouvrir davantage sa grille, le rappel tombe plutôt mal.
Il y a des mardis à double tranchant. Le 8 septembre, le groupe M6 tenait sa conférence de rentrée et officialisait ce que tout le monde attendait depuis juillet. Cyril Hanouna quitte le seul territoire de W9 et arrive sur M6, la chaîne mère, pour animer de grands événements de divertissement en prime time et en direct. Le point d’orgue est annoncé pour le printemps 2027, la relance du Morning Live pendant une semaine, à l’occasion des 40 ans de la chaîne. Florence Duhayot, nouvelle directrice des programmes, a précisé le cadre au Parisien, du divertissement familial, pas de politique.
Le même soir, Yann Barthès lui rappelait une règle assez simple de la télévision. On peut être promu et perdre la soirée.
Quotidien a réuni 1,67 million de téléspectateurs, soit 9,7 % du public, contre 1,26 million et 7,3 % pour Tout beau, tout neuf. Plus de 400 000 téléspectateurs d’écart sur la dernière partie, celle que les deux chaînes mettent en avant dans leurs communiqués. Or Hanouna dominait Barthès tous les soirs depuis la rentrée, et W9 venait de vanter sa meilleure semaine de rentrée depuis dix ans auprès des 25 à 49 ans. Huit jours de règne, puis l’accroc.
Ce n’est évidemment pas une défaite historique. Ce n’est même pas une première, puisque Quotidien a passé une bonne partie de la saison dernière devant TBT9, avec parfois plus de 530 000 téléspectateurs d’avance, comme au retour des fêtes en janvier. Mais le calendrier fait tout. Le jour où l’on annonce sa montée en grade, il vaut mieux éviter de se faire distancer sur sa chaîne d’origine.
Car le vrai sujet n’est pas de savoir si Hanouna fait de l’audience. Il en fait. Le sujet est de savoir s’il reste capable d’écraser la concurrence comme au temps de C8, quand la question ne se posait même pas. Un an après son arrivée dans le groupe, la réponse est devenue une affaire de soirées, plus une affaire de saisons.
Et la question devient plus savoureuse encore quand on la déplace vers la Six. M6 recrute-t-elle un animateur capable de dynamiter son prime time, ou importe-t-elle sur sa chaîne amirale une guerre qu’elle ne gagne même plus systématiquement sur la Neuf ?
Notons au passage la précaution de langage. Paris Match avait évoqué en juillet un rendez-vous politique en vue de la présidentielle, la direction n’a parlé depuis que de soirées de divertissement. Les garde-fous posés lors de l’arrivée de l’animateur dans le groupe tiennent donc toujours, du moins dans les communiqués. Il restera à vérifier ce qu’il en sera au printemps 2027, c’est-à-dire en pleine campagne.
Barthès n’a pas gagné la guerre. Mardi soir, il a gagné la bataille.
Et à Neuilly, où l’on venait de dérouler le tapis rouge, on a dû regarder les chiffres avec beaucoup d’intérêt. Et peut-être un peu moins d’enthousiasme.
