Absente de la grille de rentrée de France Inter, l’ancienne directrice de la station sort du silence dans Le Parisien à l’occasion de la parution de son livre. Sur les conditions réelles de son départ, elle en dit toujours très peu.
Lors de la présentation de la nouvelle grille de France Inter, une absence sautait aux yeux. Où était passée Adèle Van Reeth ?
Quand Radio France avait annoncé son départ de la direction de la station en février, l’explication officielle était simple. L’ancienne directrice avait fait part de son souhait de « retrouver l’antenne la saison prochaine » et avait même « accepté d’anticiper son départ » pour que la rentrée 2026-2027 se prépare dans de bonnes conditions. Céline Pigalle était nommée à sa place dans le même communiqué.
Un retour au micro paraissait d’autant plus naturel qu’avant de diriger France Inter, Adèle Van Reeth avait passé onze ans à l’antenne de France Culture, notamment avec Les Chemins de la philosophie.
Mais septembre est arrivé, et Adèle Van Reeth n’est nulle part dans la grille.
En réalité, nous avions peut-être un peu vite oublié que ce départ avait été beaucoup moins simple que ne le laissait entendre le communiqué. Le Monde avait parlé d’une éviction. Le Parisien écrivait de son côté qu’elle n’avait appris que quelques jours auparavant qu’elle était remerciée.
Et surtout, le 27 avril, Adèle Van Reeth a saisi le conseil de prud’hommes de Paris. Son avocat, Me Stéphane Hasbanian, avait alors pris soin de préciser qu’il n’y avait « rien de conflictuel » et que la démarche était engagée à titre conservatoire. Une première audience de conciliation est prévue le 2 décembre.
Au début de l’été, des discussions existaient encore entre Adèle Van Reeth et Radio France pour un éventuel retour au micro, et la procédure n’avait pourtant pas été abandonnée. Les questions à régler étaient donc suffisantes pour que la situation ne soit pas soldée.
Dans ces conditions, son absence de la grille devient déjà plus compréhensible.
Et voilà qu’elle sort du silence dans Le Parisien, à l’occasion de la publication de son livre Une heure à soi. Sur son départ, elle ne confirme pas vraiment la version officielle de février. À la question de savoir ce qui s’est passé, elle répond simplement, « L’expérience s’est arrêtée ». Formule élégante, qui n’explique pas grand-chose.
Pourquoi n’est-elle pas revenue à l’antenne comme annoncé ? Là encore, la réponse reste prudente, cet automne « n’était pas forcément le meilleur moment pour revenir ». Mais elle ajoute aussitôt, « Je ne vois pas la suite de ma vie sans radio », et assure que « tout est possible ».
France Inter, France Culture, une autre radio ? Pour l’instant, personne ne le sait. Le Parisien reconnaît lui-même ne pas connaître son statut exact à Radio France. Et Adèle Van Reeth continue pourtant de se dire « plus attachée que jamais » à cette maison.
Son livre raconte justement une femme qui décide de prendre du recul après avoir tenté de concilier une vie professionnelle très exigeante et sa vie familiale. Adèle Van Reeth reconnaît avoir puisé dans sa propre expérience. Difficile, dès lors, de ne pas faire le rapprochement avec ce qu’elle vient elle-même de traverser.
Mais le plus intéressant reste ce qui n’est toujours pas raconté. En février, elle quittait la direction de France Inter pour, officiellement, retrouver rapidement l’antenne. En septembre, elle n’a pas de micro, son statut à Radio France demeure flou et une audience de conciliation est prévue en décembre.
Adèle Van Reeth sort donc du silence. Mais sur les véritables conditions de son départ de France Inter, il reste encore beaucoup de silence.
