La FCC vient d’autoriser SpaceX à lancer 15 000 nouveaux satellites pour connecter directement nos téléphones depuis l’espace. Avec Amazon et les projets chinois, l’orbite basse pourrait bientôt en compter des dizaines de milliers. Une promesse d’internet partout, qui pose une question simple, combien de satellites sommes-nous prêts à installer au-dessus de nos têtes, et que deviendront nos opérateurs ?
La FCC, l’Arcom et l’Arcep américain, vient d’autoriser SpaceX à lancer jusqu’à 15 000 nouveaux satellites pour son futur réseau mobile directement accessible depuis les téléphones.
SpaceX dispose déjà d’une autre autorisation portant sur 15 000 satellites Starlink de deuxième génération. Potentiellement, cela fait donc 30 000 satellites pour ces deux seuls systèmes.
Et ce n’est pas la fin.
La FCC doit encore se prononcer sur près de 15 000 autres satellites demandés par SpaceX, tandis qu’Amazon Leo et plusieurs projets chinois préparent eux aussi de gigantesques constellations.
Fin 2025, des opérateurs chinois ont même déposé auprès de l’Union internationale des télécommunications des projets représentant plus de 200 000 satellites.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’ils seront tous lancés. Mais on comprend l’échelle de ce qui se prépare. Alors, combien de satellites finira-t-on par avoir au-dessus de nos têtes ?
50 000 ? 100 000 ? 200 000 ?
Avec, forcément, davantage de pollution lumineuse et radio, davantage de manœuvres d’évitement et davantage de risques de collision. Une collision importante peut créer des milliers de débris qui, eux, ne peuvent pas changer de trajectoire et quand ces satellites arrivent en fin de vie, ils redescendent dans l’atmosphère.
Le risque au sol reste aujourd’hui extrêmement faible, mais là encore, plus il y aura de satellites, plus les rentrées seront nombreuses.
Faut-il s’en inquiéter ? Pas forcément.
Mais croire que l’on peut multiplier presque sans limite les objets en orbite simplement parce que l’espace paraît immense serait assez naïf.
Au fait, ça sert à quoi tout cela ?
À couvrir la planète entière et à donner accès à internet partout, même loin de toute antenne.
SpaceX promet à terme des pointes pouvant atteindre 150 mégabits par seconde par utilisateur, directement sur le téléphone.
Sur le papier, c’est formidable. Encore faut-il que chaque pays accepte d’être couvert. Un satellite peut survoler la France, il ne peut pas y vendre un service sans autorisation ni fréquences.
Et justement, en Europe, les fréquences clés pour ces services seront réattribuées à partir de 2027, et Bruxelles veut en réserver une partie à des acteurs européens.
Car derrière, il y a une autre question. Ces géants de l’espace ne vont-ils pas rendre nos opérateurs obsolètes ?
Aux États-Unis, la FCC vient justement d’autoriser SpaceX à vendre son service mobile sans passer par un opérateur classique.
En France, on s’apprête à passer de quatre opérateurs à trois, avec le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free.
Mais au bout du compte, ne va-t-on pas en avoir davantage ? Trois opérateurs sur terre, et quelques-uns de plus dans le ciel.
Le vrai sujet n’est peut-être plus Starlink. C’est l’addition de toutes les constellations.
À force de vouloir supprimer les zones blanches sur Terre, il faudra peut-être finir par protéger quelques zones noires dans le ciel.
