Au printemps, à la veille de la finale de Vienne, la VRT, la radio-télévision publique de la Communauté flamande de Belgique. prévenait que sa participation à l’Eurovision 2027 devenait peu probable si l’Union européenne de radio-télévision ne changeait pas sérieusement de méthode.
Quatre mois plus tard, les problèmes n’ont pas tous disparu, mais la Belgique sera bien présente en Bulgarie, avec un candidat désigné par la VRT.
La VRT estime désormais que l’UER a suffisamment avancé sur les règles de participation, le vote, les jurys, le sponsoring et l’organisation du concours. Elle ajoute surtout qu’il vaut mieux rester dans la maison pour continuer à la réformer.
Au printemps, on envisageait donc de claquer la porte.
À l’automne, on préfère finalement conserver sa place à table.
Ce n’est pas tout à fait un virage à 180 degrés.
La VRT n’avait jamais annoncé officiellement qu’elle boycotterait l’édition 2027.
Elle disait seulement que sa participation devenait peu probable si la situation n’évoluait pas. Une formulation suffisamment ferme pour mettre la pression, mais suffisamment prudente pour permettre aujourd’hui de revenir sans avoir officiellement à se dédire.
Et la VRT n’est pas seule à avoir retrouvé le chemin de l’Eurovision.
Les Pays-Bas, absents en 2026, participeront eux aussi en 2027. AVROTROS maintient son refus, mais la NPO, qui coordonne l’audiovisuel public néerlandais, a repris le dossier et confirmé une candidature.
Le front des cinq pays qui avaient boycotté l’édition 2026 commence donc sérieusement à se réduire. Pour l’instant, l’Irlande est le seul de ces cinq pays à avoir officiellement reconduit son boycott pour 2027.
RTÉ a annoncé qu’elle ne participerait pas et qu’elle ne diffuserait pas le concours, invoquant notamment la situation à Gaza et le maintien d’Israël dans la compétition.
En Espagne, le président de RTVE souhaite également prolonger le retrait, mais cette position doit encore être soumise au conseil d’administration.
L’Islande n’a pas encore tranché.
La Slovénie non plus.
Il reste donc quelques épisodes avant de savoir ce qu’il restera réellement du boycott de 2026.
Car l’UER n’a pas fait disparaître toutes les critiques adressées à l’Eurovision et Israël participera toujours.
Mais plusieurs diffuseurs considèrent désormais que les réformes engagées permettent de revenir dans la compétition.
Ce qui paraissait insuffisant il y a quelques mois devient donc aujourd’hui suffisamment convaincant.
C’est peut-être finalement le grand talent de l’Eurovision, faire changer de tonalité même les lignes rouges.
