Face au téléchargement, le vendeur historique de jeux vidéo accélère sa diversification dans les cartes à collectionner, les figurines et les produits dérivés.
Un pari cohérent, mais vendre des objets physiques ne suffit pas à faire revenir les clients en magasin.
Créée en 1983 par Albert Loridan, Micromania a commencé par vendre des jeux par correspondance.
La voici confrontée à une concurrence qui livre le jeu directement dans la console, sans colis et sans passage en boutique.
Rachetée en juillet par un consortium franco-québécois réunissant Stephan Tétrault, Jean-François Chenail, Sandra et Stephen Callahan, l’enseigne précise en cette rentrée comment elle compte réduire sa dépendance à la vente de jeux.
Son avenir passera davantage par les cartes à collectionner, les figurines et les produits dérivés.
Le jeu se télécharge, ses personnages se vendent toujours en rayon.
Cette diversification existait déjà avec Zing Pop Culture, mais les nouveaux propriétaires veulent l’accélérer grâce à leur expérience du jouet et des produits sous licence.
Ils prévoient davantage d’animations et de rencontres entre passionnés, avec un premier grand magasin vitrine annoncé près de Paris pour octobre.
Le modèle revendiqué est celui d’EB Games Canada, dont les repreneurs mettent en avant le redressement grâce aux cartes et aux produits dérivés.
Reste à reproduire cette dynamique en France, dans un réseau d’environ 300 magasins.
Car une figurine ne se télécharge pas, mais elle se commande très facilement sur Internet.
Le conseil, les exclusivités et les événements devront donc apporter quelque chose que l’achat en ligne ne procure pas.
Sans cela, remplacer les boîtes de jeux par des objets de collection ne changera pas fondamentalement le problème.
Micromania veut continuer à vivre du jeu vidéo en vendant davantage ce qui l’entoure.
Il faudra que les passionnés achètent le scénario.
