À Guyane La 1ère, on a trouvé une façon originale de préparer l’avenir : annoncer que « la télé, la radio, c’est Pour promouvoir le « streaming first », Guyane La 1ère proclame que « la télé, la radio, c’est terminé ! ». Problème : ces deux médias restent très regardés et écoutés, et ce sont encore leurs équipes qui nourrissent largement le numérique.
À Guyane La 1ère, l’enterrement de la télé sera retransmis à la télé
Il fallait y penser.
Pour sa campagne de rentrée, Guyane La 1ère a fait revenir Chacha, sa speakerine emblématique, afin de lui confier une mission assez particulière : annoncer que « la télé, la radio, c’est terminé ! ».
Et pour que personne ne manque l’avis de décès, la campagne est diffusée du 1er au 30 septembre sur les réseaux sociaux, mais aussi à la télévision, à la radio et au cinéma.
Autrement dit, la radio annonce sa propre mort à la radio.
C’est assez nouveau dans l’histoire des faire-part.
Rassurons tout de même les familles : à la fin du film, Chacha précise que la radio reste là et que la télé, finalement, on la garde aussi.

Le mort bouge encore.
Il bouge même plutôt bien.
Selon Métridom, 53 % des Guyanais de 13 ans et plus regardent quotidiennement la télévision, soit environ 114 500 personnes.
Guyane La 1ère en rassemble à elle seule 65 900.
La radio réunit de son côté 92 300 auditeurs quotidiens en semaine, dont 46 100 pour Guyane La 1ère, toujours numéro un.
Pour deux médias terminés, cela fait beaucoup de survivants.
Le SNJ Guyane et l’UNSA-SRCTA Guyane n’ont donc pas vraiment apprécié l’humour funéraire.
Ils demandent le retrait de la campagne et rappellent surtout une évidence : ce sont aussi les équipes de la télévision et de la radio qui fabriquent les contenus ensuite diffusés sur le web et les réseaux sociaux.
On annonce donc la disparition de ceux dont on a encore besoin pour construire l’avenir.
Les syndicats soulignent également que l’accès au numérique reste difficile ou intermittent pour une partie de la population, notamment dans l’intérieur du territoire.
Pour ceux-là, le « streaming first » peut rapidement devenir le streaming jamais.
France Télévisions a évidemment raison d’aller chercher le public sur YouTube, les applications et les réseaux sociaux.
Mais un service public n’a pas à choisir entre celui qui regarde encore la télévision et celui qui regarde une vidéo sur son téléphone.
Sa mission est précisément de servir les deux.
Le numérique doit être une porte supplémentaire, pas la sortie de secours de la télévision et de la radio.
Guyane La 1ère vient d’ailleurs de le démontrer malgré elle.
La télé et la radio ne sont pas mortes.
Elles ont même encore assez de souffle pour retransmettre leur propre enterrement.

