Alors que Julien Mielcarek et Mathieu Dehlinger quittent RTL, la direction reconnaît une réduction de certains moyens consacrés à RTL.fr. Elle assure pourtant maintenir ses ambitions numériques, désormais davantage tournées vers les podcasts, la vidéo et les plateformes.
RTL.fr : deux départs, des moyens réduits et une zone d’ombre sur l’externalisation
RTL assure que sa stratégie numérique ne change pas. Pourtant, deux de ses principaux responsables du digital quittent le groupe, certains moyens consacrés à RTL.fr diminuent et la chronologie de la collaboration avec 6Medias reste étonnamment difficile à établir.
Il y a le discours officiel, et il y a les faits.
Jonathan Curiel, directeur général de RTL, RTL2 et Fun Radio, assure que la station n’a aucune intention de ralentir sur le numérique.
Au contraire, RTL veut accélérer dans les podcasts, la vidéo, les réseaux sociaux et la diffusion de ses contenus sur les plateformes.
Pour Jonathan Curiel, la séparation entre antenne et digital est même dépassée. Une émission de radio doit désormais être pensée dès sa conception pour devenir podcast, vidéo, extrait social ou contenu à la demande.
Le raisonnement se tient.
Mais dans le même temps, la direction reconnaît que certains moyens consacrés spécifiquement à RTL.fr diminuent.
« On alloue les ressources effectivement un peu différemment », admet Jonathan Curiel.
Certaines ressources sont donc réduites sur le site, tandis que d’autres postes sont créés ailleurs, notamment dans la distribution des contenus.
C’est précisément dans ce contexte que Julien Mielcarek, directeur de l’audio et de l’information digitale, et Mathieu Dehlinger, directeur des rédactions digitales, quittent le groupe.
Deux départs simultanés à des postes aussi stratégiques ne peuvent évidemment pas être considérés comme totalement anodins.
D’autant que les performances numériques de RTL étaient encore récemment présentées comme très satisfaisantes.
La question n’est donc pas de savoir si RTL croit encore au numérique. Manifestement, oui.
La vraie question est de savoir à quel numérique RTL croit désormais.
Le cas 6Medias
C’est là que le dossier 6Medias devient intéressant.
Cette agence spécialisée dans la production éditoriale numérique a travaillé pour RTL.fr. Elle propose notamment à ses clients de produire des articles, de traiter l’actualité en continu, d’animer des sites et des réseaux sociaux ou encore de fournir des contenus vidéo.
Chez RTL, on nous affirme désormais que 6Medias ne travaille plus pour la station et que cette collaboration serait terminée depuis longtemps.
Mais cette version soulève plusieurs interrogations.
Une autre source nous indique en effet que 6Medias travaillait encore avec RTL il y a seulement quelques mois.
Par ailleurs, RTL figure toujours parmi les références commerciales affichées par l’agence.
Cela ne prouve évidemment pas qu’un contrat soit encore actif aujourd’hui. Un site professionnel peut conserver d’anciens clients parmi ses références.
Mais cela rend nécessaire une réponse beaucoup plus précise que « cela fait longtemps ».
Depuis quand exactement 6Medias ne travaille-t-elle plus pour RTL ?
Quelles prestations assurait-elle encore dans les derniers mois de la collaboration ?
Et quelle part de la production de RTL.fr était alors réalisée en interne et quelle part était externalisée ?
Ces questions ne sont pas accessoires.
Si RTL réduisait progressivement les moyens de sa rédaction numérique tout en continuant à confier certaines tâches à un prestataire extérieur, cela donnerait une autre lecture de la réorganisation actuelle.
Cela pourrait aussi contribuer à éclairer les départs de Julien Mielcarek et Mathieu Dehlinger.
Attention toutefois : aucun élément ne permet à ce stade d’affirmer que l’externalisation est directement à l’origine de leurs démissions.
Mais plusieurs faits se rejoignent.
Les moyens consacrés à certaines activités de RTL.fr diminuent.
Deux responsables majeurs du numérique quittent le groupe.
La station concentre davantage sa stratégie sur les podcasts, la vidéo, les réseaux sociaux et la distribution.
Et la chronologie exacte de son recours à 6Medias reste floue.
Derrière l’affirmation répétée d’une ambition digitale intacte, RTL est donc bien en train de modifier son modèle numérique.
Ce n’est probablement pas le numérique qui recule.
C’est peut-être le site RTL.fr, dans sa forme traditionnelle et avec sa propre organisation éditoriale, qui cesse progressivement d’être le centre de gravité de cette stratégie.
Et c’est précisément ce changement qu’il reste aujourd’hui à mesurer.
Article mis à jour le 3 septembre à 14H30
