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You are at:Home»Télévision»NOVO19 : un an et une chaîne qui cherche encore à tenir sa promesse
Télévision

NOVO19 : un an et une chaîne qui cherche encore à tenir sa promesse

Serge SurpinBy Serge Surpinaoût 30, 2026Aucun commentaire6 Mins Read
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Un an après son lancement, NOVO19 plafonne autour de 1 % d’audience et cherche toujours son identité. Mais installer depuis Rennes une chaîne nationale portée par un groupe de presse fragilisé relevait déjà du pari. La deuxième saison devra enfin concrétiser sa promesse : raconter réellement les territoires.

Il y a un an, le 1er septembre 2025, une nouvelle chaîne nationale arrivait sur le canal 19. Douze mois plus tard, l’heure est au bilan, et il est modeste.

Commençons par les conditions du pari, parce qu’elles comptent.

Lancer une chaîne nationale en 2025, c’était s’installer dans un paysage déjà saturé, face à des groupes historiques, à leurs catalogues et à leurs régies publicitaires, au moment précis où les téléspectateurs passent une part croissante de leur temps sur les plateformes.

NOVO19 y a ajouté une difficulté supplémentaire : construire cette chaîne depuis Rennes. Le choix correspondait à sa promesse éditoriale, raconter les territoires et donner la parole à ceux que les plateaux parisiens invitent rarement.

La décentralisation est toutefois restée partielle. Le siège et le journal sont bien à Rennes, mais le talk-show « On a du nouveau » était produit depuis Paris. Au lancement, la chaîne comptait une trentaine de salariés, dont huit personnes à la rédaction. C’est peu pour alimenter une antenne nationale, et c’est déjà beaucoup pour un groupe de presse.

La curiosité, elle, était au rendez-vous. Les onze premières minutes d’antenne ont réuni 312 000 téléspectateurs, soit 3,8 % du public. Le premier journal de Martin Cangelosi en conservait 193 000, puis le talk-show de Claire Arnoux 140 000. Ce sont les chiffres publiés par Médiamétrie.

Une fois la curiosité retombée, le niveau réel est apparu.

NOVO19 a réalisé 0,7 % de part d’audience en septembre 2025, 0,8 % en octobre et novembre, puis 0,9 % en décembre. En 2026, la chaîne oscille entre 0,8 et 1 %, avec exactement 1 % en mai et en juin. En juillet, dernier mois complet disponible, elle revient à 0,9 %, pour une couverture mensuelle de 26,3 millions de personnes. Elle se situe alors au niveau de CStar, juste derrière T18, créditée de 1 %.

Retenons ce détail, car il relativise le jugement. T18, lancée quelques mois plus tôt avec l’appui de CMI France et de Daniel Křetínský, évolue elle aussi autour de 1 %. Créer une chaîne ne suffit plus à créer une habitude.

Le vrai échec de l’année, c’est « On a du nouveau ».

Le rendez-vous devait incarner la chaîne en avant-soirée. Face à « C à vous », « Quotidien » et « Tout beau, tout n9uf », il n’a jamais existé. Ses deux parties ont réuni en moyenne 17 000 et 14 000 téléspectateurs, soit 0,1 % du public, avec des éditions mesurées à 0 %.

La quotidienne s’est arrêtée le 22 mai. La chaîne avait annoncé son retour sous une forme hebdomadaire à la rentrée, avec un titre et une formule encore en réflexion. Le journal « On a de l’info » ne faisait guère mieux au printemps, autour de 31 000 téléspectateurs et 0,2 %. Ces chiffres ont été révélés par Le Parisien.

Vieille règle de la télévision : un quotidien ne s’installe pas grâce à ses bonnes intentions. Il lui faut un ton, une incarnation et une promesse identifiables en trois secondes.

Les inédits de 2026 ont connu des sorts inégaux. Le retour de « Vis ma vie » avec Olivier Delacroix n’a réuni que 65 000 téléspectateurs et 0,4 % du public. « Vos objets valent de l’or », avec Adeline Toniutti, a fait nettement mieux : 163 000 personnes en moyenne et 1,1 % sur ses deux premiers épisodes.

Mais les meilleurs scores de la chaîne restent des films connus. « Inferno » a approché les 500 000 téléspectateurs et 3 % du public, tandis que « Mad Max : Fury Road » a rassemblé 471 000 personnes et 3,2 % en mai.

C’est toute l’ambiguïté du bilan. Le canal 19 peut rassembler, mais il rassemble surtout avec des programmes que l’on peut voir ailleurs. La télévision des territoires s’est diluée dans les films américains, les séries déjà diffusées, les documentaires de catalogue et les magazines de faits divers.

Reste l’équation financière, et elle est sérieuse. En 2025, le groupe SIPA Ouest-France a enregistré une perte nette de 33,3 millions d’euros, contre 17,3 millions un an plus tôt. NOVO19 a, de son côté, enregistré 11 millions d’euros de pertes, dans un groupe engagé parallèlement dans un plan d’économies de 10 à 15 millions. Le Monde a détaillé cette situation au printemps.

La direction maintient pourtant son calendrier : équilibre approché en 2028, rentabilité en 2029, avec 25 à 30 millions d’euros de recettes publicitaires. Elle vise 2 % de part d’audience sur les 25-49 ans en 2028.

Attention à ne pas comparer trop vite cet objectif avec les 0,9 % actuellement mesurés sur l’ensemble du public. Ce ne sont ni la même cible ni la même échéance. La marche reste haute, mais elle n’avait pas à être franchie dès la première saison.

L’année deux sera donc décisive, et la chaîne semble revenir à sa promesse d’origine.

« De bonnes ondes », le nouveau magazine de Raphaël de Casabianca, en constitue probablement la traduction la plus aboutie. Avec son complice Régis Muller, l’ancien présentateur de « Rendez-vous en terre inconnue » sillonne la France dans un van transformé en studio de radio itinérant. À chaque étape, le duo installe une radio locale éphémère et tend son micro aux habitants.

Le premier épisode, diffusé le 30 août, a été tourné à Ouessant en plein hiver, au cœur de la tempête. Raphaël de Casabianca y rencontre notamment Diane, qui souhaite ouvrir un centre d’équithérapie sur l’île, Marie, arrivée du continent vingt ans plus tôt et fondatrice de l’unique fanfare ouessantine, ainsi que Christian, présenté comme le dernier enfant du phare du Créac’h. L’épisode est disponible sur TF1+.

Ce sont précisément ces histoires que NOVO19 avait promis de raconter : des anonymes, des figures locales, des engagements et des vies façonnées par un territoire. La première saison doit parcourir dix univers, des tribunes du Red Star à Saint-Ouen à une caserne de pompiers d’Évreux, en passant par un camping familial et Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes.

La semaine anniversaire comprend également de nouveaux épisodes de « Vos objets valent de l’or », un documentaire consacré aux énigmes du Mont-Saint-Michel et des programmes autour des métiers de la mer.

Depuis le 30 avril, le direct de NOVO19 et plus de 600 heures de programmes sont par ailleurs disponibles sur TF1+. Une exposition que la chaîne ne pourrait probablement pas obtenir seule.

Le bilan doit donc être lu sans complaisance et sans condamnation.

La première année a permis à NOVO19 d’exister. La deuxième devra prouver que « De bonnes ondes » n’est pas seulement une heureuse exception et qu’une chaîne des territoires peut devenir autre chose qu’une chaîne de rediffusions installée en Bretagne.

Article mis à jour le 30 Aout 2026 à 22H20

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