Après une longue absence liée à sa bipolarité, Nicolas Demorand a retrouvé le direct ce samedi sur France Inter et, semble-t-il, ses marques. Avec Recto verso, il reprend un format créé par Dominique Souchier et toujours diffusé sur Europe 1, mais lui imprime déjà son propre ton.
Nicolas Demorand retrouve ses marques, et le format d’Europe 1
Ce samedi 29 août, Nicolas Demorand a retrouvé le direct sur France Inter. Dimanche, il présentera le second volet de Recto verso, sa nouvelle émission proposée chaque week-end dans la tranche de 9 heures à 10 heures.
Dès cette première, le journaliste a semblé retrouver rapidement ses marques. Sa voix, son goût pour les échanges intellectuels et son sens de la pédagogie sont toujours là. Les premières critiques sont favorables. Télérama évoque un retour empreint d’humilité et un plaisir évident de refaire de la radio. Le Parisien juge l’émission convaincante et prometteuse.
La formule est simple. Le samedi, Recto revient sur trois événements de la semaine écoulée. Le dimanche, Verso se projette dans celle qui commence, avec des sujets pouvant toucher à la politique, à la géopolitique, à la littérature, au cinéma ou au théâtre.
Pour son premier numéro, Nicolas Demorand a notamment abordé les conséquences politiques de la canicule avec Théodore Tallent, les rapports entre l’éradication des animaux et les violences humaines avec David Djaïz, puis la rentrée littéraire avec Bérénice Pichat.
Le journaliste ne cache pas son inspiration. Recto verso reprend le principe de C’est arrivé cette semaine et C’est arrivé demain, les deux émissions créées et animées par Dominique Souchier sur Europe 1 entre 1997 et 2012.
La comparaison est d’autant plus évidente qu’Europe 1 n’a jamais totalement abandonné ces deux rendez-vous. La station les programme toujours le samedi et le dimanche, également entre 9 heures et 10 heures, avec Frédéric Taddeï, comme le confirme sa grille officielle.
France Inter installe donc face à Europe 1 une émission directement inspirée d’un format que sa concurrente continue de proposer au même moment.
Mais ce retour est surtout celui d’un homme après une période particulièrement difficile.
Le 26 mars 2025, Nicolas Demorand révélait à l’antenne souffrir d’un trouble bipolaire, qu’il qualifie lui-même de maladie mentale. Il publiait le lendemain, aux éditions Les Arènes, Intérieur nuit, un récit très personnel consacré à la maladie, à l’errance médicale et aux périodes de dépression.
Le livre a été très bien accueilli par la critique et a rencontré un véritable succès commercial. Il s’était déjà vendu à 120 000 exemplaires en trois mois et figure parmi les essais marquants de l’année 2025. Il apparaît également à la 43e place du classement général annuel publié par Livres Hebdo.
L’absence de Nicolas Demorand a commencé à la mi-octobre 2025. Il avait toutefois repris exceptionnellement l’antenne le 3 novembre avant de s’en éloigner durablement. Une aggravation brutale de sa maladie l’a conduit à être hospitalisé et Florence Paracuellos a progressivement pris sa place aux côtés de Benjamin Duhamel.
Nicolas Demorand a raconté cette hospitalisation et cette période de rupture dans le podcast Si besoin, diffusé au début de l’été.
Après près de dix mois sans émission en direct, il retrouve donc le micro dans un rythme moins éprouvant que celui d’une matinale quotidienne.
« La radio, le micro, le direct m’ont beaucoup manqué », a-t-il confié au début de cette première.
Cela s’entend.
Pour autant, Recto verso n’apparaît pas comme une simple copie de l’émission d’Europe 1. La structure est proche, mais les incarnations sont très différentes. Frédéric Taddeï privilégie une succession de conversations. Nicolas Demorand contextualise davantage, construit des transitions, ajoute un billet personnel et imprime plus fortement sa voix au magazine.
Le format vient d’Europe 1. Mais dès cette première, Nicolas Demorand a commencé à en faire une émission qui lui ressemble.
