À l’approche d’une année politique chargée, le SNRL veut rappeler que les radios associatives ne sont pas seulement un maillon du paysage radiophonique : elles jouent un rôle concret dans le pluralisme, l’information de proximité et le débat démocratique. Entre défense du FSER, congrès de Villeurbanne et avenir de la radio, le syndicat appelle à la mobilisation.
La rentrée 2026-2027 s’annonce « résolument politique » pour les radios locales et associatives. Dans une lettre adressée à ses membres mercredi 26 août, le président du SNRL, Sylvain Delfau, fixe les priorités d’une saison marquée par plusieurs échéances importantes pour le secteur.
Après un été marqué par de « grands défis environnementaux », le président du syndicat estime que les radios associatives devront pleinement jouer leur rôle pour sensibiliser, informer et donner la parole aux initiatives locales. Le SNRL a d’ailleurs choisi comme mot d’ordre : « Nous devrons prendre notre place ».
Une formule qui dépasse la seule défense professionnelle. Les radios associatives occupent une place particulière dans le débat démocratique : elles donnent accès à l’antenne à des élus locaux, associations, acteurs culturels, syndicaux ou citoyens qui trouvent parfois peu de place dans les grands médias nationaux. Dans de nombreux territoires, elles constituent aussi l’un des rares médias de proximité encore présents au quotidien.
Cette fonction devient d’autant plus importante dans une période de forte polarisation politique et à l’approche de nouvelles échéances électorales. Sylvain Delfau ne cite pas directement l’élection présidentielle de 2027, évoquant plus largement de « grandes échéances tout au long de l’année ». Mais la question du pluralisme, de la représentation des territoires et de l’accès à une information locale indépendante devrait logiquement occuper une place croissante dans les mois à venir.
La première bataille sera toutefois budgétaire. Le SNRL entend défendre une nouvelle fois le Fonds de soutien à l’expression radiophonique locale, le FSER, après deux projets budgétaires ayant prévu d’en réduire fortement les crédits. Pour 2025, la baisse envisagée avait finalement été écartée. Pour 2026, après l’absence de budget adopté à la fin de 2025 et le recours à une loi spéciale, les discussions ont repris au début de l’année et les crédits du fonds ont finalement été préservés.
L’enjeu est loin d’être purement comptable. Pour nombre de stations, le FSER conditionne directement leur capacité à maintenir des journalistes, produire de l’information locale et ouvrir leurs antennes à la diversité des opinions. Derrière la question de son financement se joue donc aussi celle du maintien d’un maillage radiophonique pluraliste sur le territoire.
Avec la CNRA, réunie avec le SNRL au sein de l’association Les Locales, le syndicat a multiplié ces derniers mois les démarches auprès du gouvernement et des parlementaires. « Nous ne relâcherons pas la pression tant que le FSER ne sera pas sanctuarisé », prévient Sylvain Delfau.
Autre rendez-vous important : le congrès national du SNRL, organisé à Villeurbanne les 17, 18 et 19 novembre. Le financement des radios libres y occupera une place centrale, aux côtés de l’intelligence artificielle, des nouveaux usages, de l’éducation aux médias et du développement du DAB+.
Le congrès devrait intervenir alors que l’Arcom aura engagé sa concertation sur l’avenir de la radio, annoncée pour l’automne. Son président, Martin Ajdari, souhaite qu’elle permette de dégager début 2027 une plateforme aussi commune que possible entre les acteurs ou, à défaut, de clarifier les différentes options pour l’avenir du média.
Dans ce contexte, le SNRL appelle à une forte mobilisation de ses adhérents à Villeurbanne. « Plus nous serons nombreux, plus notre voix portera », insiste Sylvain Delfau. Un appel qui rappelle que, derrière les questions de fréquences, de financement ou de technologie, se joue aussi la capacité des radios associatives à continuer de faire entendre une diversité de voix dans le débat public.
Le syndicat se renforce parallèlement. Le journaliste Théo Guitton a été nommé délégué général du SNRL et prendra ses fonctions le 1er septembre. Il devra notamment accompagner les dossiers stratégiques de l’organisation, de la bataille autour du PLF 2027 au projet de nouveaux locaux à Paris.
