Lorsque le choix d’un chroniqueur est mauvais, chacun cherche le responsable. Mais lorsque l’idée est excellente, on applaudit celui qui tient le micro et l’on oublie la personne qui a pensé à le lui donner.
Cet été, France Inter mérite donc un double compliment : pour Fabrizio Bucella et pour celle ou celui qui a décidé de l’installer chaque matin à 8 h 55.
« C’est prouvé » : la science entre enfin dans la matinale
Dans « C’est prouvé », ce professeur de l’Université libre de Bruxelles dispose de trois minutes pour parler de physique, de relativité ou de logique. Son point de départ n’est jamais une équation interminable, mais une situation quotidienne : un café que l’on renverse, un biscuit qui se brise, un spaghetti qui refuse de casser en deux ou un vélo qui tient debout.
Fabrizio Bucella raconte, plaisante et finit par rendre compréhensible le principe scientifique caché derrière l’expérience. C’est cela, vulgariser : ne pas simplifier jusqu’à rendre les choses fausses, mais trouver la bonne porte d’entrée vers un raisonnement complexe.
Il possède aussi une vraie présence radiophonique. Une voix souriante, un accent reconnaissable, du rythme et des expressions qui restent en tête. Avec son costume, son cartable, ses craies et sa grande règle en bois, il joue le professeur, mais sans tricher : il en est réellement un.
On ignore qui a eu l’idée initiale de cette chronique. La grille a été lancée sous la direction de Céline Pigalle, avec Laurent Goumarre aux programmes. À eux et à leurs équipes de prendre leur part des compliments. Programmer une radio, c’est aussi savoir repérer une voix et comprendre qu’elle peut toucher un large public.
Disons-le franchement : dans une matinale, une chronique comme celle-ci, tout au long de l’année, vaut parfois mille chroniques qui se veulent humoristiques et finissent par tourner en rond. Les mêmes cibles, les mêmes outrances, les mêmes ficelles. Elles provoquent parfois un rire, mais une minute plus tard, il n’en reste rien.
Fabrizio Bucella fait rire lui aussi. Seulement, il nous laisse en plus une connaissance, un raisonnement et l’envie d’en savoir davantage. Voilà la différence entre occuper une case et enrichir une antenne.
Pourquoi alors réserver « C’est prouvé » à l’été ? Une bonne idée ne devrait pas disparaître avec les parasols.
Bravo au professeur et à ceux qui lui ont ouvert le micro. À France Inter maintenant de ne pas ranger trop vite le cartable, les craies et la grande règle en bois.
Salukes !
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