Pendant longtemps, le succès d’un programme se jugeait presque exclusivement le lendemain de sa diffusion. Les audiences tombaient le matin, et le verdict semblait définitif.
Télévision, radio : l’audience ne s’arrête plus au lendemain
Ce modèle est en train de changer profondément.
Selon Médiamétrie, au premier trimestre 2026, 85 % des Français ont regardé, au cours d’un mois, au moins un programme en preview ou en replay. La consommation à la demande représente désormais 7 % du temps consacré aux programmes de télévision, et même 13 % chez les 15-24 ans.
Surtout, Médiamétrie a allongé sa mesure du replay. Elle ne s’arrête plus à 28 jours après la diffusion, mais va désormais jusqu’à 91 jours.
Et ce changement n’est pas purement technique. Les visionnages effectués entre J+29 et J+91 représentent encore 8 % d’heures de replay supplémentaires.
Autrement dit, pour certains programmes, regarder uniquement l’audience du soir de diffusion, ou même celle cumulée après une semaine, ne suffit plus à mesurer réellement leur performance.
La fiction est particulièrement concernée. Elle représente près de 80 % de la consommation en preview et environ 40 % du replay. Plus surprenant, les jeux télévisés représentent eux aussi 21 % du replay.
Mais la transformation va plus loin.
Les plateformes des chaînes ne sont plus simplement des services permettant de revoir une émission manquée. TF1+, france.tv, M6+ ou Arte.tv deviennent progressivement des plateformes éditoriales à part entière.
Médiamétrie indique ainsi que 53 % des films et fictions proposés sur ces services n’ont pas fait l’objet d’une diffusion linéaire récente. Cette offre complémentaire a progressé de 45 % en un an.
Les chaînes ne se contentent donc plus de prolonger leur antenne. Elles construisent désormais des catalogues destinés à être consultés indépendamment de la grille de programmes.
La radio connaît une évolution comparable. 44 % des Français écoutent chaque mois des podcasts ou des programmes radio en replay, soit 8 points de plus qu’en 2023.
Le direct reste évidemment déterminant pour l’information, le sport, les grands événements ou certains divertissements. Mais pour une part croissante des contenus, la diffusion à l’antenne n’est plus la fin du parcours.
Elle devient le début d’une nouvelle vie.
Cela change aussi la manière dont nous devrions commenter les audiences. Le chiffre publié chaque matin reste important, mais il ne raconte plus toute l’histoire.
La question n’est donc plus seulement : combien de personnes ont regardé ce programme hier soir ?
Il faut désormais ajouter : combien le regarderont encore demain, dans quinze jours ou dans trois mois ?
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