La France, première cible de la Russie ? À nuancer
Poutine cible-t-il vraiment la France plus que les autres ?
La France est incontestablement l’un des pays européens les plus visés par les opérations d’influence russes. Mais affirmer qu’elle en serait systématiquement la première cible est plus difficile à démontrer.
C’est ce que rappelle la Fondation Descartes dans une analyse utile, alors que la question des ingérences russes prend une importance croissante à l’approche de la présidentielle de 2027.
Plusieurs bases de données et rapports européens placent la France parmi les pays les plus ciblés, aux côtés de l’Ukraine et de l’Allemagne. Mais ces classements recensent avant tout les opérations détectées et rendues publiques. Or la France dispose, avec VIGINUM, d’un dispositif particulièrement développé de surveillance des ingérences numériques étrangères. Elle peut donc aussi apparaître davantage ciblée parce qu’elle détecte davantage.
Autre nuance essentielle : influence informationnelle, cyberattaque, sabotage ou opération clandestine ne recouvrent pas les mêmes réalités et ne donnent pas les mêmes classements.
Enfin, être fortement ciblé ne signifie pas être fortement influencé. L’efficacité réelle de ces campagnes sur l’opinion reste très difficile à mesurer.
La conclusion la plus solide est donc plus prudente : la France est aujourd’hui l’une des principales cibles européennes des opérations d’influence russes documentées, mais il n’existe pas de preuve permettant d’affirmer qu’elle est, dans tous les domaines, la première cible de Moscou.
Une nuance importante à l’heure où chaque opération détectée risque aussi, par sa médiatisation, de bénéficier d’une exposition supplémentaire.
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