
L’Arcom refuse les deux projets de télévision locale en Île-de-France : un choix qui repose officiellement avant tout sur l’économie mais qui peut aussi être considéré comme un moyen pour éviter la polémique.
TNT Locale parisienne : l’Arcom refuse de choisir
L’Arcom a décidé de ne retenir aucune des deux candidatures déposées pour exploiter une chaîne locale sur la TNT en Île-de-France. Les projets « Street & Style » et « Le Média TV Île-de-France » ont été écartés, le régulateur estimant qu’ils n’apportaient pas de garanties financières suffisantes pour assurer une exploitation durable.
À la lecture du communiqué, cet argument paraît difficilement contestable. Le secteur des télévisions locales traverse une crise profonde et lancer aujourd’hui une nouvelle chaîne nécessite un modèle économique particulièrement solide. L’Arcom rappelle d’ailleurs elle-même que les télévisions locales connaissent une « dégradation économique inédite ».
Le cas du projet porté par Le Média soulève néanmoins une autre question. Ce média est souvent classé à l’extrême gauche et son arrivée sur la TNT aurait probablement alimenté le débat sur la place des médias engagés politiquement. Officiellement, l’Arcom ne s’est pas prononcée sur la ligne éditoriale mais uniquement sur la solidité financière du dossier.
Cet argument économique permet aussi d’éviter d’avoir à trancher une question plus sensible. La TNT n’a pas vocation à accueillir des chaînes politiques. Les conventions signées avec l’Arcom imposent le respect du pluralisme, de l’honnêteté de l’information et de l’expression équilibrée des différents courants de pensée.
L’exemple de CNews montre d’ailleurs que le régulateur exerce un contrôle sur ces obligations. La chaîne a été à plusieurs reprises mise en demeure ou sanctionnée par l’Arcom pour des manquements aux règles relatives au pluralisme ou à l’honnêteté de l’information. Cela ne signifie pas qu’elle soit une chaîne politique, mais que le respect de ces obligations fait l’objet d’une vigilance constante.
Reste que la question essentielle demeure celle du financement. Le modèle économique des télévisions locales est aujourd’hui extrêmement fragile. La cession récente du réseau des chaînes locales BFM illustre les difficultés rencontrées par ce secteur. Les recettes publicitaires locales ne suffisent plus toujours à couvrir les coûts de production et de diffusion sur la TNT.
Le communiqué de l’Arcom dépasse donc le simple rejet de deux candidatures. Il constitue aussi un avertissement sur l’avenir de la télévision locale. Le régulateur appelle d’ailleurs le Gouvernement et les collectivités à prendre conscience de cette fragilité, estimant que ces chaînes restent essentielles au pluralisme de l’information et à la vie démocratique des territoires.
À lire aussi sur SatMag : undefined
