Trois mois après avoir annoncé qu’il voulait vendre ses neuf chaînes BFM Locales, CMA Média change finalement de stratégie. Faute d’offre de reprise jugée suffisamment solide, le groupe de Rodolphe Saadé va conserver l’essentiel du réseau.
Mais pas tout.
BFM Normandie et BFM DICI, qui couvre les Alpes du Sud et la Haute-Provence, doivent fermer.
Les sept autres antennes, BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur et BFM Alsace, resteraient donc dans le groupe.
C’est un sérieux retournement de situation.
Fin juin, CMA Média expliquait pourtant ne pas avoir trouvé de modèle économique satisfaisant pour ses télévisions locales et annonçait leur mise en vente dans le cadre d’un plan visant 20 millions d’euros d’économies.
Le groupe espérait alors trouver des repreneurs, plutôt locaux, avant la fin de l’année.
Plusieurs marques d’intérêt sont apparues pendant l’été, notamment du groupe Nice-Matin pour BFM Nice Côte d’Azur et de Christophe Schalk, propriétaire de Top Music, pour BFM Alsace.
Puis, nouveau virage en septembre, CMA Média semblait privilégier une vente groupée des neuf chaînes plutôt qu’une vente à la découpe.
Cela n’a manifestement pas suffi.
Selon la direction, aucune proposition n’offrait des garanties jugées assez solides pour l’activité et les salariés.
CMA Média préfère donc désormais porter lui-même la transformation du réseau.
Et cette transformation sera profonde.
Les chaînes restantes doivent davantage se consacrer à l’économie, aux entreprises et aux transformations des territoires, aux côtés de BFM Business et de La Tribune.
Autrement dit, BFM Locales ne disparaît pas, mais son modèle change.
L’ambition d’un réseau d’information locale, tel qu’il avait été construit par Altice au fil des acquisitions, semble laisser place à des antennes régionales plus spécialisées et davantage intégrées aux autres médias économiques de CMA Média.
Le paradoxe est assez remarquable. En juin, le groupe voulait vendre les chaînes parce qu’il ne trouvait pas leur modèle économique. En septembre, faute de repreneur suffisamment convaincant, il décide finalement de les garder et de chercher lui-même ce nouveau modèle.
Entre-temps, les salariés auront passé trois mois à se demander pour qui ils travailleraient demain. Ils ont maintenant une partie de la réponse.
Pour sept antennes, CMA Média reste propriétaire.
Pour BFM Normandie et BFM DICI, l’avenir est beaucoup plus sombre puisque leur activité ne serait pas maintenue, avec désormais une procédure d’information-consultation sur les conséquences sociales du projet.
Après la fermeture de BFM Paris Île-de-France en mars 2025, le réseau régional de BFM va donc encore se réduire.
Mais il ne disparaît pas.
Le plus intéressant commence même maintenant. CMA Média va devoir démontrer qu’il peut rendre viable un réseau qu’il expliquait lui-même, il y a seulement trois mois, ne plus savoir comment rentabiliser.
