Il aurait voulu tester Claude : il a surtout découvert qu’une conversation virtuelle pouvait avoir des conséquences très concrètes.
Selon La Dépêche, qui reprend La Voix du Nord, un homme a été interpellé fin août dans la métropole lilloise après avoir évoqué auprès du chatbot une attaque contre l’hôtel de police, avec une cible et une date précises.
Le FBI a alerté les autorités françaises et la BRI est intervenue.
Pour une démonstration d’intelligence artificielle, le déplacement des techniciens avait de quoi surprendre.
L’homme aurait expliqué qu’il cherchait à observer les réactions du logiciel.
Selon le journal, l’enquête a écarté un projet d’attaque réel et il a été remis en liberté, avec des poursuites pour fausse alerte et simulation de danger grave.
Face à une menace précise, les policiers pouvaient difficilement parier sur une plaisanterie.
Mais le récit journalistique aurait, lui aussi, mérité quelques vérifications de fonctionnement.
La Dépêche annonce une arrestation « avant son passage à l’acte », puis explique que la piste d’une attaque réelle a été écartée.
L’attentat paraît déjoué au début et disparaît à la fin.
Surtout, cette histoire rappelle un précédent que le journal connaît puisqu’il le propose en lien.
En avril, La Dépêche avait rapporté l’interpellation, par le RAID à Strasbourg, d’un homme ayant évoqué auprès de ChatGPT une attaque contre un agent du renseignement.
Le FBI aurait alors transmis un signalement par Pharos.
L’affaire avait été classée sans suite et l’homme hospitalisé d’office.
Deux affaires distinctes, deux chatbots, mais une même question : comment passe-t-on d’une conversation avec une IA à une intervention policière en France ?
Qui repère les messages, qui évalue la menace et qui décide de prévenir les autorités ?
Un précédent mérite mieux qu’un bouton « À lire aussi ».
Il reste surtout un personnage dont on ignore les répliques : Claude.
A-t-il immédiatement refusé la demande, tenté de décourager son interlocuteur ou fourni des informations problématiques ?
L’article ne le dit pas.
Ces réponses permettraient pourtant d’examiner le rôle réel de l’IA, au lieu de lui attribuer au choix une casquette de complice ou un badge de policier.
On sait qu’un homme a écrit des messages inquiétants et que la police est intervenue.
Entre les deux, il manque précisément ce qui ferait une enquête.
L’utilisateur aurait testé le chatbot.
Il reste aux journalistes à interroger ceux qui le font fonctionner.
