20 Minutes TV quitte la TNT francilienne, Wéo a fermé dans les Hauts-de-France et TV3V s’apprête à disparaître en Alsace. Les télévisions locales accumulent les échecs, entre audiences limitées, recettes publicitaires insuffisantes et coûts de diffusion.
Un modèle économique qui peine toujours à trouver son public.
Décidément, les télévisions locales ont bien du mal à survivre. Dernière victime, 20 Minutes TV, qui quittera la TNT francilienne le 29 novembre prochain.
L’histoire avait commencé en 2008 avec IDF1, créée par Jean-Luc Azoulay, le producteur des sitcoms d’AB Productions. En 2023, IDF1 devenait 20 Minutes TV, après sa reprise par le groupe belge Rossel, avec l’ambition de créer une télévision locale moderne.
Trois ans et demi plus tard, c’est terminé.
Et c’est la chaîne elle-même qui a demandé à l’Arcom de mettre fin à son autorisation, pourtant valable jusqu’en 2033.
Il faut dire que la télévision locale parisienne ressemble à un cimetière de bonnes intentions.
Cap 24 disparaissait en 2010, NRJ Paris en 2014, ViàGrandParis était remplacée en 2021. Plus récemment, BFM Paris fermait en mars 2025. Le même mois, TV Pitchoun abandonnait la TNT, même si elle reste disponible sur les box. Et fin 2025, Night TV disparaissait à son tour.
Alors, qui reste ?
Le Figaro TV, sur le canal 34, et Télé Bocal, chaîne associative qui diffuse trois heures chaque soir sur le canal 31.
Mais le phénomène dépasse largement la région parisienne.
Dans les Hauts-de-France, Wéo a cessé d’émettre en janvier dernier, après dix-sept ans d’existence et une liquidation judiciaire.
En Alsace, TV3V, petite télévision locale du pays de Niederbronn-les-Bains, doit fermer le 31 décembre, après vingt-six ans d’existence. Cette chaîne diffusée sur le câble a perdu son principal soutien financier, la communauté de communes, qui ne renouvelle pas son contrat annuel d’environ 120 000 euros. Ses deux journalistes envisagent une reprise sur Internet, mais sans financement assuré.
Autrement dit, même les télévisions locales installées depuis des décennies ne sont pas à l’abri.
Revenons à 20 Minutes TV. En 2024, le journal abandonnait son édition papier pour miser sur le numérique et la vidéo. Deux ans plus tard, c’est la diffusion télévisée qui passe à la trappe.
Il faut dire que sa grille avait ressemblait à celle d’IDF1 et pas dans le bon sens : entre Les Mystères de l’amour et les séances de 100 % Voyance.
Manifestement, personne n’avait prévu la fin.
La chaîne continuera néanmoins à produire des vidéos pour Internet et les réseaux sociaux, avec une offre réduite.
Le problème n’est pas l’information locale, mais son financement. Des coûts de diffusion élevés, des recettes publicitaires insuffisantes et des audiences fragmentées.
Finalement, lancer une télévision locale est une chose. Trouver suffisamment de téléspectateurs pour la regarder en est une autre.
Et trouver des annonceurs prêts à financer l’aventure semble encore plus compliqué.
Info mise à jour le 30 octobre 2026 à 15H
