Netflix est devenu en 2025 le premier financeur privé de la création française, avec 308 millions d’euros investis dans l’audiovisuel et le cinéma.
Une percée spectaculaire, tandis que Canal+ reste numéro un du cinéma et continue… de distribuer Netflix.
Netflix devient le premier financeur privé… et Canal+ le distribue
Cette fois, ce n’est plus une revendication de Netflix, mais un constat de l’Arcom.
En 2025, Netflix est devenu le premier financeur privé de la production française, audiovisuel et cinéma réunis, au titre de ses obligations légales.
La plateforme a investi 308 millions d’euros, dont 250 millions dans la production audiovisuelle et 58 millions dans le cinéma.
France Télévisions reste devant avec 476 millions d’euros, 406 millions dans l’audiovisuel et 70 millions dans le cinéma.
Mais Martin Ajdari, président de l’Arcom, estime qu’au rythme actuel Netflix pourrait devenir en 2030 le premier financeur de la création française, public et privé confondus.
Le basculement est spectaculaire.
Dans le cinéma, en revanche, Canal+ conserve nettement sa première place avec 156 millions d’euros investis en 2025, presque trois fois les 58 millions de Netflix.
Et l’histoire devient plus intéressante encore puisque Canal+ est aussi… distributeur de Netflix.
Netflix est aujourd’hui inclus dans plusieurs offres Canal+, notamment Canal+ Ciné Séries et Canal+ La Totale, avec une facturation pouvant être assurée directement par Canal+.
Canal+ finance donc massivement le cinéma français tout en commercialisant auprès de ses propres abonnés celui qui est devenu son principal concurrent dans le financement global de la création.
Le mouvement dépasse d’ailleurs largement Netflix.
En 2025, les plateformes comme Netflix, Disney+ ou HBO Max ont investi 525 millions d’euros dans la création française, contre 397 millions en 2024, soit une progression de 32 %.
Dans le même temps, la contribution des télévisions traditionnelles est passée de 1,213 milliard à 1,118 milliard d’euros, soit une baisse de 8 %.
Au total, le financement atteint 1,64 milliard d’euros, dont environ 1,2 milliard pour l’audiovisuel et 446 millions pour le cinéma.
Mais l’Arcom met aussi en garde contre une simple lecture comptable.
Selon Martin Ajdari, les investissements des plateformes financent proportionnellement moins d’heures de tournage, moins d’œuvres et une diversité de genres plus faible que ceux des chaînes traditionnelles.
Il faut enfin apporter une nuance importante aux chiffres.
Les données de l’Arcom mesurent les investissements entrant dans les obligations légales de financement, pas nécessairement toutes les sommes engagées par les groupes.
Canal+ souligne ainsi que StudioCanal investit en plus environ 200 millions d’euros par an dans la production.
Reste une tendance difficile à ignorer.
Les plateformes prennent une part croissante dans le financement de la création française et Netflix en est désormais le premier acteur privé selon les critères réglementaires.
Avec une situation assez singulière : Canal+ reste le numéro un du cinéma français, tandis qu’il distribue Netflix, devenu numéro un privé de la création.
Article mis à jour à 18h le 18/09/26
