La pression budgétaire se resserre encore autour de France Télévisions.
Force ouvrière appelle les salariés du groupe à la grève mercredi 23 septembre, de 14 heures à minuit, avec un rassemblement à 17 heures devant le ministère de la Culture.
Pour 2026, France Télévisions doit déjà absorber 150 millions d’euros d’économies, un montant annoncé en mars par Delphine Ernotte Cunci dans un courrier au Premier ministre et que le groupe chiffre désormais à plus de 150 millions.
L’effort ne repose pas seulement sur la baisse des ressources publiques.
Il intègre également la résorption du déficit précédent, de nouvelles restrictions budgétaires et la hausse des coûts.
Et 2027 s’annonce encore plus difficile.
Après les 47 millions d’euros d’économies supplémentaires évoqués cet été, Satellifacts révèle 43 millions de plus, portant l’effort demandé pour l’année prochaine à 90 millions d’euros.
Sur deux exercices, France Télévisions devrait donc trouver environ 240 millions d’euros d’économies.
FO présente cette somme comme l’équivalent de 10 % du budget annuel du groupe.
Le rapprochement est plus exactement valable avec les ressources publiques, qui atteignent environ 2,44 milliards d’euros en 2026.
Rapportés au chiffre d’affaires global de France Télévisions, proche de 3,1 milliards d’euros, ces 240 millions représentent moins de 8 %.
À cette cure budgétaire s’ajoute une opération spectaculaire sur le capital social.
Celui-ci a été réduit de 150 millions d’euros, passant de 424,7 à 274,7 millions.
Cette réduction, approuvée par décret fin juillet, répond à la dégradation des capitaux propres de l’entreprise.
Elle est essentiellement comptable et ne constitue donc pas 150 millions d’euros d’économies supplémentaires.
L’autre inquiétude concerne les effectifs.
Un scénario portant sur environ 1 000 équivalents temps plein circule depuis cet été, tandis que Satellifacts évoque désormais le non-remplacement d’un départ sur deux et une baisse générale des coûts de structure.
À ce stade, il ne s’agit toutefois pas d’un plan de suppressions de postes définitivement adopté.
FO réclame désormais un financement pluriannuel clair, l’abandon de tout plan de restructuration par principe, un véritable dialogue social et davantage de transparence de la gouvernance.
Derrière cette grève se pose finalement une question simple.
Combien d’économies France Télévisions peut-elle encore absorber avant que les coupes budgétaires ne deviennent aussi des coupes dans les programmes, les emplois et les missions de service public ?
