Réunis en assemblée générale, les personnels de Radio France ont demandé le retrait de la chronique du journaliste de Valeurs actuelles. Un préavis de grève sera déposé si la direction maintient son choix.
9a ne passe toujours pas. La polémique autour de l’arrivée de Charles Sapin sur France Inter prend une dimension sociale. Réunis mercredi 2 septembre en assemblée générale, les personnels de Radio France ont demandé le retrait de la chronique politique hebdomadaire confiée au directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles.
L’assemblée a réuni environ une centaine de personnes, selon les organisateurs. Dans une motion adoptée à l’unanimité, les participants expriment leur « refus catégorique » de cette arrivée et demandent à l’intersyndicale de déposer un préavis de grève « dans les meilleurs délais » si la chronique est maintenue.
À ce stade, aucune grève n’est donc déclenchée et aucun préavis n’a encore été annoncé. Les personnels ont voté le principe d’un mouvement conditionné au refus de la direction de revenir sur sa décision.
Charles Sapin a livré sa première chronique dans la matinale dominicale de France Inter le 30 août. Son recrutement s’inscrit dans un panel d’éditorialistes politiques et économiques du week-end arrêté par Céline Pigalle, directrice de la station depuis mars. La contestation vise donc d’abord un choix éditorial de France Inter, même si elle s’étend désormais à l’ensemble de Radio France.
La direction invoque le pluralisme, qu’elle juge particulièrement nécessaire à l’approche de l’élection présidentielle. Elle présente Charles Sapin comme un journaliste politique reconnu et assure qu’aucun propos discriminatoire ou dérapage ne sera toléré à l’antenne.
Les opposants à son recrutement ne mettent toutefois pas en cause un propos précis tenu dans sa première chronique. Ils contestent la présence sur le service public d’un responsable de Valeurs actuelles, dont ils jugent les orientations incompatibles avec les valeurs de Radio France.
Les syndicats rappellent notamment l’affaire « Obono l’Africaine », publiée en août 2020, dans laquelle la députée Danièle Obono était représentée en esclave, un fer autour du cou. Erik Monjalous, alors directeur de la publication, et Laurent Jullien, auteur du texte, ont été condamnés en appel en novembre 2022 à 1 000 euros d’amende avec sursis pour injure publique à caractère racial et complicité. La Cour de cassation a rejeté leur pourvoi le 16 janvier 2024, rendant ces condamnations définitives.
La motion s’adresse directement à Céline Pigalle et à la présidente de Radio France, Sibyle Veil. La direction doit maintenant choisir entre maintenir son dispositif éditorial au nom du pluralisme ou céder face à une contestation qui déborde largement la seule rédaction de France Inter.
