À partir de lundi 24 août, Céline Landreau prend les commandes de RTL Matin, de 7 h à 9 h 30. À 37 ans, cette journaliste maison succède à Thomas Sotto, écarté après deux saisons, et devient la première femme à présenter seule la matinale de RTL. Mais la tranche dont elle hérite recule dans un média dont l’audience globale s’érode : le vrai sujet n’est peut-être plus seulement le présentateur.
RTL change une nouvelle fois de visage le matin. Après Thomas Sotto, poussé vers la sortie après deux saisons, la station confie sa tranche la plus stratégique à Céline Landreau.
RTL Matin : le pari Céline Landreau face à l’érosion des audiences
Le choix est intéressant. Plutôt que d’aller chercher une personnalité déjà installée à la télévision, RTL mise cette fois sur une journaliste maison, arrivée en 2013, passée par le reportage, le service politique, les journaux et la mi-journée.
Elle avait déjà remplacé Thomas Sotto à plusieurs reprises à la matinale et n’arrive donc pas en terrain inconnu. À 37 ans, elle devient surtout la première femme à occuper seule ce fauteuil à RTL, après Amandine Bégot qui avait coprésenté la tranche avec Yves Calvi puis Thomas Sotto.
La répartition des rôles dit aussi quelque chose de la nouvelle formule. Céline Landreau assurera l’interview de 7 h 40. Marc-Olivier Fogiel conservera celle de 8 h 15, tandis qu’Olivier Boy présentera les journaux de 7 heures et 8 heures et sera le joker de la nouvelle matinalière.
RTL change donc son incarnation principale sans bouleverser toute la mécanique.
La mission reste difficile. Sur la vague Médiamétrie avril-juin 2026, RTL Matin réunissait 1,13 million d’auditeurs en moyenne entre 7 h et 9 h 30 : 110 000 de moins sur un an, mais 20 000 de plus que lors de la vague précédente.
Autrement dit, la matinale reculait nettement sur un an, mais elle ne s’effondrait pas au moment où RTL décidait de changer de présentateur.
Sur le créneau historique 7 h-9 h, RTL comptait 1,14 million d’auditeurs et en perdait 140 000 sur un an. À France Inter, la grande matinale 7 h-10 h réunissait 1,71 million d’auditeurs et perdait, elle aussi, 140 000 auditeurs sur un an.
Les deux chiffres ne portent pas sur des tranches de même durée, mais ils rappellent que les difficultés ne concernent pas seulement RTL.
Car c’est l’ensemble du média radio qui connaît une érosion de son audience. Sur la période avril-juin, 37,63 millions de Français écoutaient chaque jour la radio, soit 65,9 % des 13 ans et plus. C’est la plus faible audience enregistrée pour une fin de saison. Trois mois auparavant, l’audience cumulée atteignait encore 67,2 %.
Sur l’ensemble de son antenne, RTL réunissait 4,86 millions d’auditeurs quotidiens et en perdait 226 000 sur un an.
Changer de présentateur ne peut donc pas, à lui seul, régler un problème qui dépasse largement le casting.
RTL ne bouleverse d’ailleurs pas sa recette. Philippe Caverivière, Laurent Gerra ou Louis Bodin restent présents. Virginie Girod et Murielle Giordan rejoignent la tranche. La véritable évolution annoncée tient davantage au ton : plus de proximité, davantage de place donnée aux auditeurs et une incarnation moins dépendante de la notoriété télévisuelle, le tout à moins de deux ans de l’élection présidentielle.
Le pari rappelle celui de France Inter avec Florence Paracuellos. Mais la comparaison a ses limites. Inter était déjà très largement leader lorsqu’elle a pris les commandes du 7/9. Et si l’ensemble de la grande matinale recule sur un an, son 7/9 est resté stable par rapport à la vague précédente.
Pour Céline Landreau, le défi est différent : il s’agit de tenter de redresser une tranche qui perd du terrain depuis plusieurs saisons.
En la choisissant, RTL tente finalement quelque chose que les grandes radios ont parfois oublié : fabriquer une personnalité à l’antenne plutôt que recruter une personnalité déjà fabriquée ailleurs.
C’est peut-être la bonne méthode. Mais elle ne répond pas, à elle seule, à une question qui n’est plus seulement une question de casting.
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