Le DAB+ poursuit son offensive en France. Du 31 juillet au 16 août, l’association Ensemble pour le DAB+ a déployé une nouvelle campagne nationale à la télévision, diffusée notamment sur France Télévisions, TF1, M6, SECOM et RMC BFM, en complément d’une campagne radio. (voir sur Youtube)
L’objectif est clair : faire connaître davantage la radio numérique terrestre, en particulier auprès des automobilistes. Le message insiste sur ses principaux avantages : une écoute gratuite sans consommation de données mobiles, davantage de stations disponibles et la continuité d’écoute sans avoir à rechercher une nouvelle fréquence lors des déplacements.
Le DAB+ passe à la télévision pour accélérer son adoption
Une campagne loin d’être inutile au moment où Radio France vient précisément de réorganiser en profondeur son réseau FM. Depuis le 22 juillet, le groupe public a réduit de 12 % son parc de fréquences, notamment en diminuant fortement la diffusion FM de France Musique. La station est passée d’environ 400 à 140 émetteurs et sa couverture FM doit reculer de 93 % à environ 70 % de la population. Dans le même temps, franceinfo passe de 80 % à 93 % de couverture FM et ICI de 88 % à 90 %. Une partie des fréquences a donc été réaffectée aux antennes d’information, tandis que d’autres ont été restituées à l’Arcom.
Radio France assume ainsi de faire de France Musique l’une des premières grandes antennes du groupe à basculer vers un modèle beaucoup plus dépendant du DAB+ et d’Internet. Mouv’ doit aller encore plus loin puisqu’elle doit quitter totalement la FM pour devenir une radio 100 % numérique. Le groupe qualifie lui-même le DAB+ de « réseau hertzien d’avenir » et indique que la couverture de son réseau FM historique est appelée à se réduire.
Il serait cependant prématuré de parler d’un passage programmé de toute la radio publique au tout-numérique. Aucune date d’arrêt général de la FM n’est aujourd’hui fixée en France. Radio France continue même de renforcer la couverture FM de franceinfo et d’ICI, considérant la FM comme un moyen de diffusion essentiel en cas de crise majeure. La stratégie actuelle ressemble donc davantage à une transition progressive et différenciée selon les antennes qu’à un « switch-off » déjà décidé.
Le paradoxe reste important. Le réseau DAB+ s’étend rapidement, mais sa notoriété et l’équipement du public progressent moins vite. Selon Médiamétrie, sa notoriété atteignait 34,1 % fin 2025, contre 20,9 % un an auparavant.
C’est précisément tout l’enjeu de cette campagne télévisée : Radio France et une partie de la profession commencent déjà à organiser l’après-FM, alors même que la France n’a encore ni calendrier ni décision officielle pour abandonner cette dernière. Pour que cette transition fonctionne, encore faut-il que les auditeurs sachent ce qu’est le DAB+, qu’ils soient équipés et que la couverture soit réellement au rendez-vous.
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