La CNRA forme les bénévoles des radios associatives au DAB+. Une initiative utile, mais cette technologie représente-t-elle toujours un progrès ? Pour une radio déjà bien couverte en FM, la double diffusion peut surtout signifier une facture supplémentaire, sans véritable gain d’audience.
La Confédération nationale des radios associatives (CNRA) organise le 15 octobre une formation au DAB+ destinée aux nouveaux bénévoles.
Une initiative utile, qui inaugure un cycle de huit formations consacrées aux différents aspects du fonctionnement d’une radio associative.
Mais au-delà de la technique, une question mérite d’être posée : quel est aujourd’hui l’intérêt économique du DAB+ pour une petite radio locale ?
Contrairement à une idée répandue, le DAB+ n’est pas nécessairement très coûteux. La mutualisation des équipements entre plusieurs stations permet même de diffuser à des tarifs relativement modestes.
Mais pour une radio déjà présente en FM, cette diffusion représente une dépense supplémentaire. Si le DAB+ permet d’étendre sensiblement sa couverture, l’investissement peut être particulièrement intéressant.
La station devient accessible dans de nouvelles communes, sur de nouveaux axes routiers et peut espérer conquérir de nouveaux auditeurs.
En revanche, si le DAB+ reproduit pratiquement la couverture FM existante, le bénéfice devient beaucoup moins évident. Certes, la réception peut être améliorée et la radio devient accessible sur les récepteurs numériques, notamment dans les voitures.
Mais cela suffit-il à justifier une seconde facture de diffusion ?
On nous explique alors qu’il faut anticiper l’avenir, puisque la FM finira probablement par disparaître. C’est possible, mais aucune date d’extinction n’est aujourd’hui fixée en France.
Et si les pouvoirs publics décident un jour de fermer la FM, il leur faudra bien organiser la transition et prévoir des capacités d’accueil pour les radios encore présentes sur cette bande.
Attention toutefois : la disparition de la FM ne libérera pas directement de fréquences pour le DAB+, qui utilise une autre bande.
Il faudra éventuellement créer de nouveaux multiplex ou réorganiser les capacités existantes. Mais est-ce une raison pour imposer dès maintenant plusieurs années de double diffusion à des associations dont les budgets sont souvent fragiles ?
D’autant que le DAB+ n’est pas une fin en soi. Une radio associative doit d’abord produire des programmes, attirer des auditeurs, recruter des bénévoles et assurer sa présence dans la vie locale.
C’est là que se trouve sa raison d’être, pas dans le nombre de technologies qu’elle utilise pour diffuser.
La CNRA a donc raison de former les bénévoles au DAB+.
Encore faudrait-il leur apprendre à déterminer quand cette technologie représente un véritable progrès pour leur station. Car payer pour toucher davantage d’auditeurs, c’est investir.
Payer pour être entendu aux mêmes endroits, sans bénéfice significatif, c’est surtout ajouter une ligne au budget. Et les radios associatives n’en manquent déjà pas.
Source de l’info La Lettre Pro
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