Aux États-Unis, le nombre de stations AM et FM recule, mais le paysage radiophonique ne se résume plus aux seules licences.
HD Radio, sous-canaux numériques et translators brouillent désormais les comptes et maintiennent une offre plus large qu’il n’y paraît.
Aux États-Unis, le recul de la radio hertzienne est déjà bien engagé.
Au 30 septembre 2026, la FCC comptait 4 258 stations AM et 6 540 FM commerciales.
L’AM a perdu 125 stations depuis fin 2024 et le nombre total de stations AM et FM, 15 613, baisse pour le troisième trimestre consécutif.
Les FM non commerciales progressent encore, mais beaucoup moins rapidement.
Ces chiffres ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire. Car le numérique hertzien américain repose sur une logique opposée à celle de notre DAB+.
En France, le DAB+ utilise une autre bande de fréquences que la FM. Chaque multiplex regroupe plusieurs radios, et l’Arcom peut y accueillir des acteurs qui n’ont jamais eu de fréquence FM.
Le numérique a donc créé un second réseau, ouvert à de nouveaux entrants.
Les États-Unis ont fait le choix inverse avec le HD Radio.
Le signal numérique est diffusé sur la fréquence AM ou FM existante, à côté du signal analogique.
En FM, HD1 correspond à la version numérique du programme principal. Les canaux HD2, HD3 et HD4 permettent d’ajouter jusqu’à trois programmes supplémentaires. Ces canaux restent sous le contrôle du titulaire de la licence, qui peut les exploiter lui-même ou les louer.
Le numérique américain n’a donc pas créé de nouveau réseau, il a multiplié les programmes des stations déjà en place.
Selon Xperi, propriétaire de la technologie, environ 2 500 stations proposent 4 500 canaux numériques, dont 1 200 programmes accessibles uniquement en HD.
S’y ajoutent les 8 826 translators et boosters recensés par la FCC.
Ces petits émetteurs étendent la couverture d’une station existante, mais ils peuvent aussi retransmettre en FM analogique un programme diffusé à l’origine sur un canal HD2 ou HD3.
Un programme numérique devient ainsi accessible sur n’importe quel autoradio FM. Ni les canaux HD ni les translators ne figurent dans le décompte des stations.
Le HD Radio est par ailleurs solidement implanté dans l’automobile. Selon l’étude 2026 de Quu, 74 % des 100 modèles les plus vendus aux États-Unis en sont équipés.
Cela ne signifie pas que la radio américaine échappe à ses difficultés.
L’AM reste particulièrement fragilisée et le débat porte désormais aussi sur la concentration du secteur. Salem Media réclame la suppression des plafonds spécifiques limitant la propriété des stations AM. La NABOB redoute au contraire que cette dérégulation accélère la vente de stations détenues par des minorités à de grands groupes.
On a donc une contraction réelle du parc radiophonique américain. Mais une licence ne correspond plus forcément à un seul programme.
La radio américaine perd des émetteurs principaux. Elle ne perd pas forcément autant de radios à écouter.
